Le conseil municipal de Grenoble adopte le port du burkini

Le conseil municipal de Grenoble adopte le port du burkini« Vous faites honte aux musulmans, vous faites honte à Grenoble et à notre histoire ». Lundi soir, les conseillers municipaux de Grenoble ont validé la révision du règlement des piscines publiques qui permettra désormais aux femmes de pouvoir venir se baigner en burkini mais aussi seins nus ou avec un tee-shirt les protégeant du soleil.

« Nous ne sommes ni islamophobes ni laïcards, mais le burkini, qui n’est pas un signe religieux, reste le résultat d’une injonction patriarcale », souligne l’écologiste Amel Zenati. « Si le burkini symbolise soi-disant la pudeur, y aura-t-il une échelle de la pudeur établie en fonction de la surface de peau recouverte ? Qu’en sera-t-il des femmes qui ne porteront pas le burkini, seront-elles jugées comme impudiques et non respectables ? », s’interroge-t-elle.

« L’accès aux piscines municipales a toujours été autorisé aux femmes, c’est le voile qui les en a écartés », tacle Nathalie Béranger . « Les femmes, notamment les jeunes, n’ont pas de problème à se baigner en maillot de bain », abonde énergiquement El Hasni Ben Redjeb accusant le maire de favoriser « une revendication dogmatique ».

« Le voile a été imposé par une idéologie qui consiste dire que les femmes sont des objets de tentation et donc qu’il faut couvrir leur corps », rappelle-t-il, insistant sur le fait que la « population de confession musulmane n’a pas demandé de porter le burkini dans les piscines ».

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« L’autorisation du port du burkini n’est ni un progrès social, ni un instrument d’égalité et d’émancipation, mais un instrument de contrôle du corps des femmes », déplore une nouvelle fois Amel Zenati, suivie par douze autres « dissidents » de la majorité municipale.

Quant à Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il a mis sa menace à exécution. L’élu a aussitôt annoncé qu’il retirait ses subventions à la ville de Grenoble, à savoir 1,5 million d’euros selon la municipalité.

Le préfet de l’Isère avait, de son côté, indiqué qu’il saisirait le tribunal administratif si la délibération devait être adoptée. Ce qui devrait être une question d’heures à présent…

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