Utiq un outil de traçage publicitaire sur internet

Quatre lettres ont récemment suscité beaucoup d’attention sur le réseau social X : Utiq. Il s’agit du nom d’un service de traçage publicitaire en place depuis trois ans, mais qui a récemment provoqué une série de questions de la part d’internautes préoccupés par la confidentialité de leurs données personnelles.
En effet, tandis que les cookies traditionnels sont de modestes fichiers enregistrés dans le navigateur web, cet outil de suivi publicitaire établit une corrélation entre l’adresse IP de l’ordinateur et l’abonnement mobile ou box de l’utilisateur, en collaboration avec les opérateurs téléphoniques.
Quel est le fonctionnement de ce système ?
À consulter également >> L’Union européenne et le Mexique signent un accord commercial
Il arrive que l’utilisateur ne soit pas pleinement conscient d’avoir donné son consentement, étant donné que la fenêtre affichant le message d’Utiq peut être confondue avec les fenêtres standard qui apparaissent lors de l’accès à un site web, en conformité avec les exigences de l’Union européenne en matière de protection des données, telles que définies par le règlement général sur la protection des données (RGPD). Il est seulement nécessaire d’avoir appuyé sur le bouton “Accepter”. Cependant, au lieu de consentir simplement à l’utilisation de cookies, vous autorisez en fait la transmission de votre adresse IP à la société Utiq. Ensuite, elle demande aux opérateurs téléphoniques d’associer cette adresse IP à votre numéro de téléphone. Un identifiant personnalisé est généré dans le but de surveiller l’activité sur un ordinateur et de produire, par exemple, des publicités ciblées.
Selon Christophe Boutry, consultant en cybersécurité, l’auteur d’une publication largement diffusée sur le réseau X le mercredi 27 mai, ce phénomène est bien plus insidieux qu’un simple cookie. Un cookie sera placé sur votre navigateur afin de suivre vos habitudes de navigation. Nous sommes en présence d’un traceur, un dispositif conçu pour collecter les adresses IP et établir des liens avec les opérateurs, en vue de corréler ces données avec celles des abonnés.
Selon Utiq, l’identifiant généré à partir de l’adresse IP est crypté, ce qui empêche toute identification du client. En outre, il convient de noter que les identifiants varient d’un site à l’autre, contrairement à d’autres méthodes de suivi.
Julien Delhommeau, responsable des innovations au sein des équipes produits chez Utiq, souligne que l’objectif n’est pas d’identifier l’utilisateur, mais plutôt de tirer parti de cette technologie pour améliorer le ciblage des clients. L’objectif est de permettre aux sites web utilisant la publicité en ligne comme modèle économique de suivre un utilisateur de manière cohérente d’une page à l’autre, afin de contrôler efficacement la fréquence d’affichage des publicités.
Julien Delhommeau ajoute qu’il est possible de déterminer si l’utilisateur a principalement consulté des articles liés au sport, ce qui permettra ensuite de lui présenter des publicités en lien avec ce domaine. En compagnie de Sophie Poncin, directrice générale d’Utiq France, on explique la nécessité de cet outil en pointant l’une des lacunes de son prédécesseur, le cookie : « En raison de son instabilité, la publicité peut être diffusée de manière répétée jusqu’à une centaine de fois, tandis qu’avec cette technologie, la pression publicitaire est plus modérée, mieux acceptée et plus efficace. »
Comment peut-on déterminer si nous sommes concernés par cette situation ?
De nos jours, de plus en plus de site web en France intègrent des outils de suivi publicitaire, notamment des médias tels que France.tv, RTL, BFMTV, Le Figaro, Voici, L’Express, Ouest-France, ainsi que de nombreux sites de presse quotidienne régionale, et des plateformes de divertissement comme Marmiton et Allociné.
L’adresse IP associée à votre connexion a été communiquée à votre fournisseur de services téléphoniques si vous êtes abonné chez Orange, Bouygues Telecom ou SFR. Cependant, actuellement seuls les abonnés aux offres box de Free sont affectés, tandis que les abonnés mobiles ne le sont pas encore, mais le seront bientôt. Dans l’ensemble, Utiq affirme être actif sur 120 sites et avoir touché 80 % des foyers français.
À lire aussi >> Étude : Le saint-nectaire, un grand atout pour la santé
Christophe Boutry s’interroge sur les implications futures de l’acceptation actuelle de cette pratique sur les sites internet, en se demandant ce qui pourrait être toléré à l’avenir. Initiée il y a trois ans, la technologie Utiq a été développée grâce à une collaboration entre Orange et plusieurs opérateurs européens, notamment le fournisseur britannique Vodafone, l’entreprise espagnole Telefónica et la société allemande Deutsche Telekom, le tout sous l’approbation de Bruxelles. Le projet est décrit comme une solution européenne à la quasi-hégémonie des GAFAM, tout en constituant une réponse à la diminution des taux de consentement et à la méfiance généralisée à l’égard de la publicité en ligne.
Interrogée à ce sujet, la CNIL affirme surveiller attentivement cette méthode et souligne sa légalité à condition que l’utilisateur ait donné son consentement en cliquant. La Commission nationale de l’informatique et des libertés précise que l’utilisation de cette approche doit être conforme à la réglementation sur la protection des données (notamment le RGPD et la loi Informatique et Libertés).
Est-il possible de s’y opposer ?
Vider le cache de votre navigateur, changer de navigateur ou passer en navigation privée n’aura aucun impact sur la situation. Toutefois, il est envisageable de révoquer votre consentement et de restreindre l’accès à vos données pour une durée limitée à un an en utilisant le service “Consenthub”, accessible directement sur le site d’Utiq. Il est également possible de consulter la liste des sites auxquels vous avez accordé votre consentement. Sophie Poncin, directrice générale d’Utiq France, souligne : « Si je vous interrogeais sur les quinze derniers jours et les sites auxquels vous avez donné votre accord pendant votre navigation, vous seriez incapable de me répondre ! »
Une décision en faveur d’une transparence totale, qui semble avoir récemment eu des conséquences négatives pour la filiale française de la société européenne :
Actuellement, notre niveau élevé de transparence nous nuit quelque peu, reconnaît Julien Delhommeau, le responsable des innovations. La raison pour laquelle Car Utiq n’est pas critiqué publiquement est qu’il représente la seule option disponible en matière de suivi. En réalité, cela s’explique par le fait qu’il s’agit du seul outil de suivi visible que les utilisateurs reconnaissent…
Cependant, le processus de révocation du consentement mis en œuvre par le site Utiq parait rencontrer certaines complications. Selon le consultant Christophe Boutry, « il n’est aucunement accessible ». J’ai expérimenté avec mon propre téléphone portable, mais je n’ai pas pu accéder à la liste, comme de nombreux internautes avec lesquels j’ai discuté sur le réseau X.
(Article reformulé à l’aide d’IA)
