Feu de forêt : l’avion militaire A400M a-t-il vraiment fait ses preuves ?

Il a été l’une des personnalités les plus en vue de la saison estivale. Au moins pour une fraction de l’appareil exécutif. L’aéronef de transport A400M, mobilisé en urgence à la fin du mois de juillet par les autorités pour combattre les feux de forêt en Gironde, est désormais retourné à l’obscurité. Actuellement, les autorités n’ont pas encore communiqué sur l’évaluation de l’efficacité de cet aéronef militaire dans la gestion des incendies de forêt. « Nous ne sommes pas en mesure de fournir une analyse à ce stade. » La direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises a expliqué à franceinfo qu’elle attendait la fin de la saison pour procéder à l’analyse de son emploi. L’objectif de cette évaluation est de décider si le dispositif sera reconduit ou non pour les années à venir.
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Les syndicats des sapeurs-pompiers expriment des critiques très sévères concernant le bilan de cet été. Selon Manuel Coullet, secrétaire général de Sud, il s’agit d’une stratégie de communication du gouvernement visant à se donner bonne conscience et à démontrer à la population que la France dispose de nouveaux moyens pour combattre les incendies de forêt. Cependant, il souligne que l’efficacité opérationnelle de ces mesures est nulle. Yaël Lecras, vice-président du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels, souligne qu’après avoir passé une semaine en Gironde à combattre les incendies, il n’a pas observé l’utilisation de largage par l’A400M.
Xavier Tytelman, ancien pilote de l’armée de l’air reconverti en consultant aéronautique, confirme que l’on ne nourrissait pas d’attentes irréalistes et que l’appareil en question n’a été utilisé que de manière sporadique. Les chaînes d’information en continu ont capturé efficacement un événement, cependant le nombre précis de largages effectués n’a pas été divulgué. Cependant, sur le document, le nouveau navire de la flotte semble être bien conçu pour faire face aux incendies. Grâce au dispositif conçu par Airbus, l’aéronef, généralement dédié au transport de troupes ou de matériel militaire, est capable de larguer une quantité pouvant atteindre 20 000 litres d’eau ou de retardant ignifuge, ce qui correspond à la capacité de trois Canadair.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est réjoui de cette nouvelle capacité qui vient renforcer les moyens aériens déjà déployés sur le terrain, suite à la première utilisation de l’avion. Afin de remplir le réservoir semi-cylindrique de grande capacité situé dans la soute, l’aéronef n’a pas la possibilité de réaliser des prélèvements en mer à la manière d’un Canadair, et doit effectuer un atterrissage pour se ravitailler. Par conséquent, il opère de la même manière que les Dash 8 et a été déployé pour les mêmes missions, qui consistent à créer des lignes de retardant autour des feux plutôt que de larguer de l’eau directement sur les flammes.
L’A400M a été mobilisé pour pallier les lacunes d’une flotte restreinte et vieillissante, étant donné que la France compte actuellement 12 Canadair, huit Dash et 39 hélicoptères. L’aéronef est également reconnu pour sa polyvalence, car il pourrait être utilisé notamment pour des vols nocturnes. Il est décrit comme un avion de qualité et un outil très performant. Dominique Legendre, professeur à l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse, souligne en particulier la capacité de l’aéronef à atterrir sur des terrains complexes. L’ingénieur est actuellement impliqué dans le projet Kepplair 72, visant à la conversion d’un avion de transport ATR72 en un bombardier d’eau.
Selon Xavier Tytelman, chaque ligne de retardant larguée par l’A400M constitue un ajout significatif. À première vue, les performances opérationnelles semblent satisfaisantes, cependant, la problématique réside davantage dans le rapport coût-efficacité. D’après un rapport parlementaire de 2023, le coût d’une heure de vol pour l’A400M s’élève à environ 32 000 euros (hors coût d’acquisition), tandis qu’il est inférieur à 16 000 euros pour un Canadair et dépasse les 12 000 euros pour un Dash.
En se fondant sur les premières images, les spécialistes jugent cependant que l’efficacité de l’A400M pourrait être encore optimisée à l’avenir. Selon les informations fournies par La Tribune, un Canadair peut décharger 6 tonnes d’eau en moins de deux secondes, tandis qu’un avion militaire met environ dix secondes pour larguer 20 tonnes par sa rampe arrière. De plus, une partie importante du produit est captée dans le sillage, ce qui entraîne sa dispersion et son évaporation, comme le souligne Dominique Legendre. Il est envisageable d’améliorer la gestion des ouvertures internes.
En outre, à la suite de chaque largage effectué en Gironde, l’aéronef militaire a dû retourner à une base militaire à Istres (Bouches-du-Rhône) pour se réapprovisionner. Selon Dominique Legendre, il conviendrait de reconsidérer l’aménagement logistique des aéroports pouvant accueillir l’appareil. Xavier Tytelman suggère la mise en place d’installations permettant le décollage de l’A400M à proximité des incendies, sur le modèle des pélicandromes, afin d’éviter les retours à Orléans ou à Istres, ce qui entraîne des rotations plus longues et des coûts considérablement plus élevés.
Selon les syndicats, ces lacunes soulignent la nécessité d’attendre la conclusion de la phase de tests avant de mettre en service l’A400M. Yaël Lecras estime que l’on se trouve toujours dans une phase avancée d’expérimentation. Il est établi que le système est opérationnel, cependant larguer sur une zone inactive est une autre affaire. Lâcher dans des conditions aérologiques spécifiques, telles que celles rencontrées au-dessus d’un incendie de forêt, représente une situation totalement différente.
Le manque de moyens et la gestion des pouvoirs publics dans la lutte contre les mégafeux de l’été ont été critiqués par le Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile. Dans sa déclaration, il critique spécifiquement les autorités pour avoir interrompu les opérations de secours aérien afin de filmer l’essai de l’A400M, “alors que chaque minute était cruciale pour l’évolution de la catastrophe”. Lorsqu’ils ont été interrogés à ce sujet, ni le ministère de l’Intérieur, ni le Sdis de Gironde, ni la Sécurité civile n’ont donné de réponse à franceinfo.
De manière générale, le syndicat critique la hâte et l’improvisation dans l’utilisation de cet avion militaire. Nous nous entraînons chaque hiver. Cette expertise ne peut être acquise du jour au lendemain, prétendre le contraire serait une erreur et un manque de considération envers les professionnels qui l’ont développée au fil des décennies.
Il y a eu un retard dans la mise en œuvre de l’A400M, qui aurait dû être initiée dès que l’utilité de ce kit était connue, selon les propos de Grégory Allione, eurodéputé Renew. Il aurait été possible de conclure que cet outil est complémentaire, ce qui aurait permis à Airbus de produire deux, voire trois kits avant la saison 2026″, explique l’ancien président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
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Selon le député européen, il est actuellement inopportun de mettre un terme au programme de l’A400M. En fonction du contexte, son impact peut être exceptionnel. Il est capable de mettre en place des barrières de retardant. Il ne pourra jamais se substituer à un avion bombardier d’eau amphibie ou à un bombardier d’eau terrestre de plus petite envergure en raison de son incapacité à gérer le relief de la même manière que le Dash, cependant, il peut apporter une contribution complémentaire. Par conséquent, le parlementaire considère qu’il est nécessaire de solliciter dès à présent Airbus pour la production de kits afin de renforcer les capacités des chefs d’opérations de secours. Les pilotes ont raison de souligner que la seule présence d’un A400M ne constitue pas une solution suffisante. Plusieurs personnes sont nécessaires pour assurer la continuité du travail.
Les autorités publiques seront bientôt confrontées à une décision cruciale : acquérir de nouveaux ensembles pour équiper d’autres avions A400M à l’avenir, ou explorer d’autres alternatives. Selon Xavier Tytelman, il existe d’autres solutions potentiellement plus efficaces et opérationnelles, telles que le Kepplair 72, dont le prototype est actuellement en cours d’adaptation. D’autres projets sont en cours d’analyse, tel que le programme “Positive Aviation” qui vise à convertir des avions de transport en avions bombardiers d’eau.
(Article reformulé à l’aide de l’IA)
