Selon l’UFC Que Choisir, l’agriculture reste la première source de pollution de l’eau potable en France

Plus d’un million de consommateurs, surtout en zones rurales, boivent une eau polluée essentiellement par des pesticides, dénonce mardi 20 avril UFC-Que Choisir.

La qualité de l’eau progresse: « 98% des consommateurs ont accès à une eau conforme à la totalité des critères sanitaires, soit une progression de plus de deux points par rapport à la précédente étude de 2017 ».

Cette amélioration s’explique par trois facteurs: « dans des grandes villes, des réseaux contaminés sont été fermés, la loi NOTRe a incité à des groupements de compétences au niveau des intercommunalités dans l’objectif de mettre des moyens financiers au pot commun et il y a eu des améliorations techniques », a expliqué à l’AFP Olivier Andrault d’UFC-Que Choisir, qui a piloté l’étude.

Selon UFC-Que Choisir, « les pollutions agricoles constituent toujours les premières causes de contaminations: 450 000 consommateurs boivent ainsi une eau dépassant les normes maximales en pesticides et 148 000 une eau contaminée par les nitrates ».

« La pollution des eaux, des nappes phréatiques et des rivières n’a pas baissé », souligne Olivier Andrault. « Ce paradoxe de la bonne qualité de l’eau potable s’explique par la mise en place de coûteux traitements de dépollution », selon l’étude. « Le coût de la dépollution des pollutions agricoles représente entre 750 millions et 1,3 milliard d’euros par an, intégralement financé par les consommateurs via leurs factures d’eau », indique-t-elle.

« 750 molécules de pesticides ou de dérivés peuvent être rencontrées dans la nature, en moyenne on n’en recherche en France que 206 », explique Olivier Andrault. « Si on s’en tient aux normes actuelles, certes très basses au niveau de l’eau, et si on n’applique pas le principe de précaution au niveau des pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, on soumet la population à un risque », juge-t-il. Par conséquent, UFC-Que Choisir et Générations futures demandent que la commercialisation de ces pesticides soit interdite au nom du principe de précaution.

Les contaminations bactériennes concernent elles 80 000 personnes « essentiellement en zones de montagne et en zones rurales de l’Est », ce qui s’explique souvent par le manque de moyens de petites communes ou des réseaux vétustes.



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