Covid-19 : la situation sanitaire va se dégrader en France

Covid-19 : la situation sanitaire va se dégrader en FranceJusque-là relativement épargnée, la France voit ses indicateurs de l’épidémie repartir également à la hausse face à cette 5ᵉ vague. Le dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence Santé publique France, jeudi 11 novembre, sonne comme un avertissement. Le taux d’incidence est en augmentation dans toutes les classes d’âge et « dans toutes les régions », relève-t-elle. Au 10 novembre, le taux d’incidence national approchait les 100, soit deux fois le seul d’alerte.

Moins marquée que celle des contaminations, la courbe des hospitalisations repart également à la hausse sur une semaine glissante, avec 314 hospitalisations le 13 novembre. « Le taux de reproduction du virus est à 1,2, ce qui veut dire que le nombre de nouveaux malades double tous les 15 à 20 jours », alerte dans Le Parisien le professeur de médecine William Dab, ancien directeur général de la Santé. Comparé à son voisin allemand par exemple, où 67% de la population éligible a reçu les doses requises, le taux de vaccination en France est élevé, avec 75% de la population considérée comme totalement vaccinée, selon les chiffres de Santé publique France. C’est le cas de plus de 10% des 75 ans et plus.

Pour accélérer le mouvement, Emmanuel Macron a annoncé, le 9 novembre, que les plus de 65 ans n’ayant pas effectué cette dose de rappel six mois et cinq semaines après leur deuxième dose verraient leur pass sanitaire désactivé à partir du 15 décembre. Cette annonce a eu une certaine efficacité, puisque les jours suivants, la barre des 4 millions de doses de rappel injectées a été franchie, a affirmé le porte-parole Gabriel Attal le 12 novembre.

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Les autorités sanitaires américaines ont approuvé l’administration du vaccin Pfizer-BioNTech chez les 5-11 ans, qui a commencé début novembre. Israël a fait de même mercredi 10 novembre. En France, le gouvernement attend l’avis de l’Agence européenne des médicaments, qui doit se prononcer sur le sujet en décembre.

Pour l’épidémiologiste et chercheur à l’Ecole des hautes études en santé publique Pascal Crépey, même si « on aurait peut-être tort de ne pas donner la possibilité » de vacciner les plus jeunes, il est déjà trop tard pour mettre en place cette vaccination dans l’hypothèse où se serait envisagé. « Si on l’ouvre maintenant, on ne sortirait pas de cette vaccination des plus jeunes avant la fin de l’hiver, à un moment où ce ne serait plus si utile que ça, vu que nous faisons face à une vague hivernale », a-t-il déclaré sur franceinfo dimanche 14 novembre.

Au retour des vacances de la Toussaint, les élèves des départements où le taux d’incidence est supérieur à 50 ont dû remettre le masque. À partir de lundi 15 novembre, il sera à nouveau obligatoire dans toute la France. Ouvrir les fenêtres fait partie des gestes barrières fondamentaux, mais peu respectés et surtout soumis à aucune obligation, a souligné Antoine Flahault, épidémiologiste et professeur de santé publique à l’université de Genève, dans l’émission « C dans l’air » sur France 5 le 23 octobre. Une accumulation de relâchements et de négligences qui pourrait finir par coûter cher à la France face à cette 5ᵉ vague épidémique, estime William Dab.

« Si on ne change rien, on va se retrouver avec 30 000 à 40 000 cas au 15 décembre », calcule l’ancien directeur général de la Santé.

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