Viols d’enfants en livestreaming : un fléau en augmentation

Viols d'enfants en livestreaming : un fléau en augmentation Les autorités s’inquiètent de l’expansion des viols d’enfants en direct sur Internet. Cette pratique permet à des pédocriminels d’acheter des vidéos réalisées en direct à l’étranger pour quelques dizaines d’euros.

Un viol d’enfant commandé sur Internet et dirigé en direct derrière un écran : c’est le principe du «livestreaming», aussi sommaire que sordide. Selon les informations de franceinfo, en date du lundi 6 décembre, 300 «cibles» sont traquées par les enquêteurs de l’Office central de la répression contre les violences aux personnes (OCRVP). Ces 300 Français sont soupçonnés d’avoir commandité des viols ou des agressions sexuelles d’enfants à l’étranger.

Dans un premier temps, les enfants étaient livrés par des réseaux «plutôt organisés» mais, actuellement, «cela se passe de plus en plus au niveau de la famille», explique Katie Steel, cheffe adjointe du groupe mineurs à l’OCRVP. «Ce sont des familles très pauvres, qui gagnent en une heure de session de livestreaming l’équivalent du salaire moyen mensuel».

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Ces enfants sont très jeunes : ils ont 5 ans en moyenne, parfois moins. Tous sont livrés aux désirs du «client», qui peut même donner des ordres en direct pendant le viol. Dans certaines vidéos, cela peut aller jusqu’à des actes de tortures et de barbarie réalisés en direct.

Les «clients» sont «à 100 % des hommes», détaille Sophie Gschwind, magistrate au parquet des mineurs de Paris, qui centralise depuis 2019 tous les dossiers de livestreaming en France. Leur profils sont variés.

Leurs profils psychiatriques ont par contre des traits communs. « Un ancrage assez important dans la pédopornographie, une absence de culpabilité ou d’empathie pour les victimes et surtout, une banalisation de ces faits, liste Sophie Gschwind, avec cette idée qu’à partir du moment où l’on est derrière l’écran, on ne participe pas à ce qui est commis. »

En 2021, deux dossiers ont ainsi été jugés devant des tribunaux correctionnels pour complicité d’agression sexuelle. En 2022, pour la première fois, un homme sera jugé pour complicité de viol dans une affaire de livestreaming.

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L’autre défi majeur pour les enquêteurs est l’identification des enfants victimes à l’autre bout du monde. C’est l’une des missions de Ludivine Piron à l’ECPAT , une ONG qui milite contre l’exploitation sexuelle des enfants et collabore étroitement avec les enquêteurs de l’OCRVP sur ces dossiers. «La difficulté dans le livestreaming est que les faits se déroulent chez monsieur et madame Tout-Le-Monde.» Conséquence : les fonds visuels des vidéos ne montrent qu’une décoration banale ou, dans les bidonvilles, un mur avec un matelas.

Encore une nouvelle fois le constat est d’ailleurs unanime : la justice et les forces de l’ordre manquent de moyens. Un chiffre résume bien la situation : en France, 17 enquêteurs spécialisés travaillent sur ces affaires. Ils sont 320 au Royaume-Uni et 150 aux Pays-Bas.

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